Je me suis rendue compte par hasard hier que c'était le 5eme anniversaire de notre déménagement à New York, et probablement d'année en année, l'importance de cette date du 18 Octobre s'estompe, à mesure que l'on adopte les us et coutumes locales et que celles ci nous façonnent.
Subrepticement, tranquillement mais inéluctablement ce choix fait nous a changé à tout jamais. Je ne suis toujours - et ne serai probablement jamais- pas a 100% chez moi a New York même si je m'y sens parfaitement à l'aise et mieux que n'importe ou ailleurs. Je ne me sens plus tout à fait chez moi nulle part en France, ni en Suisse d'ailleurs. Je commence a avoir énormément de mal à comprendre mes concitoyens Français quand je lis les journaux en ligne par exemple, disons, en fait encore plus qu'avant plutôt!
Mon fils parle anglais comme il respire, sans effort, ni retenue ou même pudeur. Il en va de même en Français, et même s'il doit demander de temps en temps de l'aide a son entourage pour comprendre de quoi les autres mini français parlent " Papi, ça veut dire quoi froc?", ce sont deux langues qu'il a fait siennes.
Je me sens pourtant indécrottablement française quand je fais un détour et un stop en rentrant du travail pour acheter une baguette toute fraiche -les seules qui vaillent qu'on en parle non?- ou quand j'assortis soigneusement les vêtements de mon fils les uns aux autres, sans choc majeur de couleurs ou avec quelques rayures.
Pour les autres, être française est devenue mon premier attribut en tout cas le plus facilement décelable... et j'aimerai bien que chaque conversation avec un inconnu ne commence pas par "Are you french?" ou un truc du genre d’où vient votre accent? ... et en même temps, c'est un début de conversation si facile que je ne devrais pas me plaindre. Maintenant je m'en amuse presque ....
Et pourtant je ne supporte vraiment plus du tout cette perpétuelle vision du verre a moitié vide français, cette incroyable capacité qu'ils semblent avoir à s’auto-saborder, cette espèce de culte pour les vacances ou les RTT comme si chaque jour au quotidien devait être tellement insupportable et en apnée qu'il faut bien une semaine de vacances toutes les 6 semaines pour respirer.
Ni non plus ces médias anxiogènes, ou avec les yeux rivés sur les USA ou New York comme unique ligne éditoriale -bon je simplifie un peu mais c'est tellement saisissant depuis quelques années, j'en apprends parfois plus sur ma vie ici en regardant la une sur Lemonde.fr que celle du NYtimes- .
Mais pire que tout c'est ce perpétuel jugement des autres que je trouve insupportable, que ce soit leur couleur de peau, leur poids, leur religion, leur marque de vernis a ongles, leur façon de vivre leur vie de famille, leurs horaires ou leurs jours de travail, leur marque de voiture, la taille de la maison du voisin, le nom de leur chien, .... qu'est ce que ça fait du bien d'aller voir ailleurs et de sortir de cette sclérose.
J'apprécie a contrario beaucoup de me sentir une sorte de "citoyenne du monde" puisque après tout je côtoie chaque jour des gens de toutes les couleurs, origines et religions en allant déposer mon fils à l'école ou au travail ou encore en faisant mes courses.
J'aime par dessus tout en rentrant de voyage ré-apercevoir pour la x-ième fois, l'arrivée sur la skyline de New York, partager un peu de ma vision de cette ville ici même sur le blog, ou encore parler avec des inconnus de ma ville d'adoption.
Je déteste par contre avoir l'impression qu'il y a deux poids deux mesures dans cette société américaine entre les vies in utero qu'il faut protéger même de leur mère, et les vies d'enfants pris a coups de balles plus ou moins perdues à causes des armes que ces mêmes parents ou adultes laissent pulluler... Que pour arrêter une voiture folle, il semble normal de tirer dans la tête d'une conductrice plutot que dans les roues du vehicule. Que des extremiste préférent laisser péricliter l'integralité de leur pays plutot que de laisser passer un budget qui aiderait une partie des plus faibles a pouvoir se soigner....
Bref, il y en aurait des choses a dire sur le sujet, mais je pense que je vais prendre mon temps pour ca... Ne vous éloignez pas trop!
To be translated very soon!